Trésors de Côte d’Ivoire : Les grandes traditions artistiques de la Côte d’Ivoire PDF

Trésors de Côte d’Ivoire : Les grandes traditions artistiques de la Côte d’Ivoire PDF

Please trésors de Côte d’Ivoire : Les grandes traditions artistiques de la Côte d’Ivoire PDF this error screen to cloud1. Please forward this error screen to cloud1. Figure de pouvoir Nkisi, Musée de Birmingham. Homme Nok au pavillon des sessions, Musée du Louvre.


Les enjeux de cette publication consistent à mettre en lumière l’unité profonde qui relie les peuples si divers de la Côte d’Ivoire et à montrer combien leurs cultures si variées trouvent leurs sources au coeur même du pays et au-delà des frontières. La beauté grandiose et la force redoutable des sculptures parlent d’elles-mêmes et expriment la richesse étonnante des Arts de la Côte d’Ivoire, qui dépasse ses frontières, mais trouve là un lieu d’expression exceptionnel. Le raffinement des orfèvres akan a déposé son empreinte sur la sculpture en bois et lui a donné un raffinement inégalé. Ce livre présente un parcours initiatique, récapitulant les grands moments culturels de la Côte d’Ivoire et facilitant la compréhension d’un monde culturel si multiple : cadre géographique, population, présentation des données historiques (cartes, migrations), les signes sculptés les plus significatifs des cultures respectives, situés dans une perspective esthétique de l’histoire de l’art et les techniques utilisées (sculpture, orfèvrerie, peinture, poids à peser l’or, tissage…). Plus de deux cent cinquante objets sont présentés en privilégiant les oeuvres majeures de la grande sculpture en bois, l’orfèvrerie akan et ses terres cuites. Les conclusions soulignent le riche patrimoine de la Côte d’Ivoire qui se crée de nos jours et combien unité et diversité se conjuguent sur le plan culturel et national.

L’art africain traditionnel, qui fut aussi appelé art nègre, se subdivise en une multitude d’arts locaux. Après les diverses indépendances, beaucoup d’Européens rentrèrent en Europe avec d’importantes collections et, peu à peu, ces dernières sont arrivées sur les marchés aux puces et dans les ventes aux enchères. La conservation d’œuvres d’art africaines en musée était autrefois inconnue sur ce continent, les œuvres ayant des vocations religieuses ou politiques. Paradoxalement, le fait que nombre de ces œuvres aient été conservées sur d’autres continents, notamment en Europe, a permis leur conservation. André Breton — et des rites complexes : cérémonies où se jouent la définition du pur et de l’impur, la perpétuation de la lignée, la légitimation des alliances, la force et la cohésion du clan. Cependant les faux d’aujourd’hui font des ravages, car dans de nombreux villages africains les artisans sont passés maîtres dans l’art de patiner le neuf, d’autant plus que selon les experts il devient impossible de retrouver aujourd’hui une œuvre majeure sur le continent. L’Afrique reste cependant un gisement artistique naturel d’importance majeure, car d’un bout à l’autre de ce vaste continent il existe des milliers de tombes millénaires contenant encore des dizaines de milliers d’objets à découvrir.

Aujourd’hui l’art africain est une mine inépuisable d’inspiration pour les créateurs qui le réinterprètent mais  hors de son milieu, retiré de son contexte, non seulement géographique mais aussi social, l’objet perd son identité culturelle. De la panoplie du « colonial » au mur du « collectionneur » associé aujourd’hui à l’art contemporain, on tend à oublier la relation de l’objet africain avec son milieu d’origine, faisant abstraction de l’évidente implication ethnologique . Pendant longtemps, il a été admis sans discussion que l’art africain était un art anonyme, un art dont les productions, régies par des préoccupations ethniques, religieuses et rituelles dominaient complètement l’individualité créatrice. Pourtant, les recherches en ethnologie de l’art commencent à déconstruire ces préjugés. Ce processus crée une émulation entre les artistes qui sont distingués au sein de leurs sociétés respectives. La transmission des connaissances de père en fils produit parfois des familles de sculpteurs. Les progrès dans les techniques de datation permettent aussi de restituer la profondeur historique de cet art.

D’autres ethnologues portent leur recherche sur les esthétiques africaines. La sortie de l’anonymat de l’art africain, son historicité et son rattachement à des valeurs esthétiques universelles sont liés à la découverte de fortes personnalités artistiques au sein même des sociétés traditionnelles. La question des styles africains, de leur historicité, de leur répartition géographique, des échanges et des influences est complexe et ne peut être que brièvement évoquée ici. La première observation impose de constater la multiplicité des arts africains.

Il n’existe pas un seul art monolithique, mais une multiplicité de styles et de traditions coïncidant plus ou moins avec les ethnies et les royaumes. La manière la plus commune d’aborder les différents styles consiste à considérer l’origine ethnique des objets. Elle correspond le mieux aux notions d’art primitif, d’art premier ou d’art tribal. Aux yeux du grand public, ce sont ces traditions qui incarnent le plus immédiatement l’art africain.

L’art de cour, plus difficilement assimilable aux arts premiers, a pour fonction principale la célébration du pouvoir royal. Une autre manière d’aborder la question consiste à étudier les œuvres à partir de leur origine géographique. Certains chercheurs comme Engelbert Mveng distinguent trois zones principales. L’Afrique de l’Ouest compte les styles du Bénin et les styles que nous englobons sous le nom d’ensemble soudanien. La seconde zone correspond à l’Afrique méridionale.

C’est surtout le tissage et la décoration murale qui fleurissent chez les Matabele, les Xhosas, les Lesuto. L’Afrique de l’Est dans les régions influencées par le monde arabe, a créé un art de synthèse qui ne manque pas d’originalité. L’artisanat et l’architecture de Kilwa, de Bagamoyo, de Zanzibar, l’illustrent clairement. Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. Cet article contient une ou plusieurs listes.

Waka, stèles funéraires de bois sculpté. 3 000 objets dont certains vieux de plus de six cents ans. Waka, stèles funéraires de bois sculpté, placées sur les tombes des chefs. Dans les années 1950, on pouvait trouver de nombreux objets au prix de 10 francs sur les marchés aux puces d’Europe. Les premiers objets à prendre de la valeur furent ceux du Bénin car ils étaient en bronze, puis vint la mode des objets à patine noire de Côte d’Ivoire, et ceux des Bakota du Gabon plaqués de cuivre et de laiton.

En 1983, un marchand parisien, Jean-Michel Huguenin, fait découvrir les sièges Sénoufo. Il acquiert un premier lot de cinquante, leur fait ajouter un socle et les vend dans sa galerie en faisant un joli profit. Plusieurs raisons expliquent le coût très élevé des authentiques œuvres traditionnelles sacrées d’Afrique : d’une part la nature de leur esthétique d’art premier unique et hors-classe au regard de tous les autres concepts au travers de l’histoire de l’art, et d’autre part leur mode de conservation et l’environnement parfois très hostile dans lequel elles ont survécu alors que ces conditions n’auraient normalement pas permis aux œuvres de traverser les siècles. Statue féminine d’ancêtre Bambara, 900 000 FRF, Paris, décembre 1990. 17 juin 2006, Drouot Paris, devenant ainsi l’œuvre d’arts premiers la plus chère jamais vendue au monde. 53e foire des Antiquaires de Bruxelles, janvier 2008. Cette figure  est généralement considérée comme le compagnon de la célèbre Reine Bangwa ayant appartenu à Helena Rubinstein et aujourd’hui dans les collections du Musée Dapper à Paris .

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