Sexualité, fertilité et handicap PDF

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Les 3 différents types d’excision comparés à l’anatomie féminine normale. Une excision est, dans son sens le plus général, l’ablation d’une partie de sexualité, fertilité et handicap PDF biologique. De nombreuses organisations militent pour son abolition mondiale. L’excision présente plusieurs variantes qui diffèrent par l’étendue de l’ablation et les pratiques annexes.


Géographiquement, la pratique se rencontre dans de nombreuses parties du monde. Et selon ce rapport, ce nombre va encore augmenter du fait de la croissance de la population des pays dans lesquels les mutilations génitales sont les plus fréquentes. Indonésie où environ la moitié des filles âgées de 11 ans et plus ont été excisées. Environ 2 millions de fillettes sont susceptibles de subir une telle mutilation tous les ans.

La pratique de l’excision est quasiment inexistante dans 4 pays du Maghreb: Maroc, Algérie, Tunisie et Libye. Cette large aire de répartition explique sans doute aussi une large gamme de pratiques qui relèvent toutes de l’excision. Elle consiste à l’ablation totale du clitoris, des petites lèvres et des grandes lèvres à l’entrée du vagin. L’excision fait souvent office de rite de passage et de reconnaissance de la petite fille dans sa société. Le clitoris est souvent considéré comme une imperfection de la création divine, un résidu masculin devant être ôté pour que la femme soit finie.

De la même manière la circoncision ou ablation du prépuce est censée enlever à l’homme la partie féminine restante. Des communautés chrétiennes au Ghana ou au Togo, du sud du Nigeria, du Burkina Faso, du Kenya, de l’Afrique de l’est en général et des coptes en Égypte, pratiquent les mutilations sexuelles ainsi que des communautés musulmanes et la communauté juive des Falashas. Les sources religieuses juives, musulmanes et chrétiennes ne font pas mention de cette pratique. D’autres communautés comme les dawoodi Bohras, une communauté chiite ismaélienne, venue d’Égypte et maintenant installée dans l’ouest de l’Inde, continuent de la pratiquer. Selon Martine Gozlan,   l’excision n’est mentionnée dans aucune tradition islamique ni dans le Coran.

Les textes qui la recommandent sont totalement trafiqués, comme le soulignait le grand imam de la Mosquée Al Azhar au Caire en 1997 pour justifier son interdiction. Autrement dit, les  malikites salafistes  se fondent sur un syncrétisme. L’excision est considérée comme une mutilation grave et injuste dans les pays occidentaux, mais aussi par des organisations internationales telles que l’ONU, l’OMS et l’Unicef. Magali Lafourcade souligne que cette pratique porte atteinte à l’intégrité physique des filles et des femmes et est en soi une violation grave de la Convention relative aux droits de l’enfant. Dans la plupart des pays occidentaux, elle est poursuivie et punie comme un crime grave. Il subsiste quelques régions du monde, notamment dans certains pays d’Afrique, où cette pratique reste tolérée au nom de la tradition. Toutefois, à la suite des scandales internationaux que cette pratique génère, ces États ont tendance à la réprimer davantage.

Les opposants à l’excision en appellent au respect de l’espèce et de la communauté humaine parce que, comme l’a déclaré Madame Christine Lazerges en ouvrant l’assemblée constitutive d’ « Excision, parlons-en », le 14 juin 2013 à la Sorbonne, « Les mutilations sexuelles féminines et masculines sont discriminatoires. Elles discriminent l’enfant, la communauté, et le reste de l’humanité. Ils en appellent aussi bien sûr au respect de l’être humain. En effet, l’excision est une atteinte à l’intégrité physique et morale de la victime de cette pratique. En raison de son caractère culturel et traditionnel, l’excision ne peut pas seulement se voir opposer le droit.

En effet, la complicité des familles et des proches rend cette lutte législative sans effet direct. Cette approche n’est possible qu’une fois les mentalités éclairées. Mais peu d’informations sont données sur le risque de mortalité infantile et sur les nouvelles législations qui interdisent ces pratiques et les rendent passibles de sanctions pénales. Certains intellectuels, notamment américains, défendent l’excision au nom du relativisme culturel et de la liberté de culte et remettent en cause la gravité de ses conséquences sur la santé et la sexualité des femmes.

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