Peggy: Premières amours PDF

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Boris Cyrulnik : stop ou encore ? Le journal Le Monde a récemment invité Boris Cyrulnik à donner son avis d’expert sur le phénomène des CV mensongers. Le mythomane est désespéré, quelque chose de douloureux lui est arrivé. Il éprouve de la honte, peggy: Premières amours PDF se sent jugé par l’autre et veut briller.


Peggy est trop belle. Trop belle…

Alors il se montre à son avantage pour réparer une blessure narcissique, soit en racontant à l’autre une histoire merveilleuse qu’il attend, soit en rédigeant un CV miraculeux De nombreux mythomanes ont fait des carrières extraordinaires sur un leurre Mais ceux qui sont leurrés sont complices. Si divers éléments ont contribué à cette carrière extraordinaire, deux me paraissent essentiels. Le second élément qui me paraît essentiel est son CV miraculeux de praticien-chercheur à la fois neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste, qui lui permet de jouer sur plusieurs tableaux. Les témoignages parallèles de journalistes ayant contribué à la construction de son aura médiatique, interrogés récemment à l’occasion de la promotion de son énième livre paru chez Odile Jacob, sont à cet égard significatifs : Il s’intéresse à tout. S’il s’avérait que le CV de Boris Cyrulnik soit trop miraculeux pour être vrai, il lui serait facile d’invoquer la complicité de la société.

Professeur à l’université de Toulon , neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste , Ancien interne des Hôpitaux, Neurologie Paris, psychiatrie Marseille. Direction d’une cinquantaine de Thèses , Prix Jean Bernard : recherche médicale , Ethologue confirmé , et j’en passe. Le site web des éditions Odile Jacob aurait intérêt à mettre en avant tous ces marqueurs de légitimité scientifique. Il y est cependant présenté très sobrement, comme neuropsychiatre et directeur d’enseignement à l’université de Toulon , c’est tout. Serait-ce qu’en dehors de ce diplôme et de ce poste au contour flou, ce qui est mentionné dans les diverses sources citées ci-dessus n’est pas pertinent ? SOUS LES ETIQUETTES, DU BŒUF OU DU CHEVAL ?

Il n’a pas été facile de démêler le vrai du faux, d’autant que Boris Cyrulnik a choisi de ne pas répondre à mes demandes d’entretien. Un certain nombre d’éléments clairs sont néanmoins ressortis de mon enquête. Il est étonnant que nombre de journalistes, y compris dans des médias importants tels que Le Monde, Le Nouvel Observateur, Le Point ou encore L’Express, se soient obstinés pendant plus de 10 ans à le qualifier de père ou théoricien de la résilience. En effet, il n’a inventé ni ce concept, ni son appellation. S’il avait publié des recherches scientifiques ayant marqué ce domaine, on pourrait expliquer en partie la méprise et comprendre que par exemple, Le Nouvel Observateur l’ait en 2002 prétendu connu pour ses travaux sur la résilience. Ainsi, il a notamment suggéré qu’il avait été à la pointe de la prise en charge et de l’étude des enfants découverts dans les orphelinats roumains après la chute de Ceausescu en 1989. Il dit par exemple en 2001 : J’ai beaucoup travaillé avec les orphelins roumains de l’ère de Ceausescu, abandonnés très tôt dans des institutions inhumaines.

Quand on parlait de ces enfants, on nous disait :  Ce sont des monstres. 1901 créée en février 2004 à l’initiative de Jacques Lecomte , ancien responsable de la rubrique Psychologie de Sciences Humaines ayant soutenu en 2002 à l’EPHE une thèse en psychologie positive. Concernant l’éthologie, dont le Petit Robert 2012 nous dit qu’elle est la science des comportement des espèces animales dans leur milieu naturel , notons tout d’abord que Boris Cyrulnik n’a aucun diplôme dans cette discipline. S’il ne semble pas avoir explicitement prétendu le contraire, il a cependant été suffisamment ambigu pour le laisser croire. Cela étant dit, il n’y a pas que les diplômes qui comptent : il ne serait pas aberrant de le présenter comme éthologue s’il avait occupé un poste de chercheur en éthologie et publié des recherches dans ce domaine, ne serait-ce que sur les goélands dont il a plusieurs fois été écrit qu’il était un spécialiste.

Boris Cyrulnik a plusieurs fois été qualifié dans la presse de psychothérapeute, en plus de psychiatre. L’absence de mention explicite d’un diplôme de psychologie même dans ses CV les plus enflés suggère qu’il n’en a pas. Cette profession n’étant pas réglementée, il a en effet pu la pratiquer sans avoir à faire valoir de formation particulière dans ce domaine. Je note cependant que son activité de psychanalyste ne figure pas dans son CV. 1968 au sein du service de neurochirurgie du Pr David à l’Hôpital Sainte-Anne. A l’issue de sa première année de CES de neuropsychiatrie, celui-ci est supprimé pour être remplacé par deux spécialités : neurologie et psychiatrie. Boris Cyrulnik est nommé interne des hôpitaux psychiatriques au concours de 1968, fait trois années d’internat en psychiatrie au CH spécialisé de Digne, et valide ainsi son CES de neuropsychiatrie .

En vertu de l’arrêté du 30 décembre 1968 il est autorisé à revendiquer ce diplôme, mais c’est bien en psychiatrie qu’il s’est spécialisé. Jean Sutter, professeur de clinique psychiatrique, lui confie alors un séminaire d’éthologie appliquée qu’il animera de 1974 à 1987 à la Faculté de Médecine de Marseille. Il fait également quelques conférences et publications dans des revues professionnelles, et publie quatre articles pouvant être qualifiés de scientifiques . Toulon-La Seyne, dont il est semble-t-il le seul membre .

De 1991 à 1995, il est maintenant directeur du Groupe de Recherche en Ethologie clinique au CHI de Toulon-La Seyne. D’après son CV2007, les activités de Boris Cyrulnik au sein de ce Groupe de recherche en éthologie s’arrêtent définitivement en 1995. Directeur d’une cinquantaine de thèses ? Comme on l’a vu plus haut, Boris Cyrulnik a récemment été crédité de la direction d’une cinquantaine de thèses dans l’annonce d’une conférence, et l’enseignement qu’il dirige à l’université du Sud-Toulon-Var était selon Le Monde en 2008 censé ne cesser de superviser thèses et mémoires . Il met également lui-même en avant cette activité. Pourtant, en ce qui concerne la France, il ne peut avoir dirigé aucune thèse au sens usuel du terme, c’est-à-dire un travail de recherche de 3 ans minimum conduisant à l’obtention d’un doctorat universitaire.

En ce qui concerne les thèses de médecine, je n’ai trouvé la trace que de deux mémoires dirigés par lui. Compte tenu de l’indigence de la production proprement scientifique de Boris Cyrulnik, comment se fait-il qu’on en arrive à le présenter comme un grand nom de la recherche ? 5 fois seulement, ce qui dit bien le peu d’intérêt que la communauté scientifique a porté à ses modestes travaux. Boris Cyrulnik a certes publié chez Odile Jacob des livres mélangeant littérature et vulgarisation scientifique, fait de nombreuses publications dans divers ouvrages ou revues professionnelles, écrit de courtes chroniques dans La Recherche, journal de vulgarisation de haut niveau, et fait des conférences dont le résumé en quelques lignes a parfois été publié dans des revues scientifiques. Mais alors, comment se fait-il qu’il ait obtenu en 2004 un prix de la recherche médicale ?

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