Miro, catalogue PDF

Miro, catalogue PDF

Please forward this error screen to butsu. En 1916, Magritte s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de Miro, catalogue PDF dont il fréquente peu les cours.


Cet ouvrage, édité à l’occasion de la première grande exposition consacrée à Miro depuis 1974 à Paris, est le premier à s’attacher aux années fondamentales de son œuvre, celles-là même de l’invention de son langage pictural, de ses chefs-d’œuvre les plus énigmatiques, souvent mal connus en France. L’éclairage est porté sur les ressorts d’une création élaborée dans un va-et-vient permanent et fécond entre la terre catalane de Montroig et les milieux littéraires et artistiques de Paris, que Joan Miro découvre en 1920. Il donne un véritable portrait de cet homme farouchement indépendant, pourfendeur de conventions, zigzagant entre le surréalisme et l’abstraction, et toujours en quête d’un absolu poétique. Les amateurs et les historiens de l’art peuvent trouver de quoi interroger, selon des axes nouveaux, l’extraordinaire complexité de Miro dans ces années vingt et trente d’intensive production : travail du  » fond « , figure fantôme, modulation des couleurs, collages – assemblages, usage de matériaux vils, etc. Ils peuvent pénétrer cette vision picturale profondément hallucinée – et unique en son temps -, dont l’énergie – destructive, reconstructive – procède de cette remontée  » aux origines  » qui fascine tant aujourd’hui. Une chronologie amplement documentée sur la période permet de suivre non seulement le rythme de la production de Miro, mais aussi sa réception  » critique  » et les liens qui ont uni le peintre à ses marchands ou à ses amis poètes ou artistes.

Son goût pour le réalisme de la représentation semble cependant naître de cette époque d’apprentissage. En 1919, il se lie d’amitié avec les frères Pierre et Victor Bourgeois. Ensemble, ils participeront à la création et au développement de plusieurs revues artistiques ainsi qu’à diverses expositions collectives. C’est grâce à Pierre Bourgeois que Magritte découvre le futurisme. Plus tard, il se souviendra de l’influence de ce mouvement sur son propre travail. J’avais devant les yeux un défi lancé au bon sens qui m’ennuyait si fort ».

Pierre-Louis Flouquet, avec qui il partage un atelier en 1920, l’oriente vers une tendance cubiste adoucie par des lignes souples. Avec Victor Servranckx, qu’il avait rencontré à l’Académie, il réalise des compositions plutôt cubo-futuristes. Malgré les expériences nombreuses et les diverses tendances qui l’ont enthousiasmé un temps, Magritte n’est pas satisfait de ces œuvres. Chirico, en 1923, il prend conscience que, pour lui, l’esthétique n’est finalement qu’accessoire et que seule prime l’idée. Dès 1925, il se lance dans cette nouvelle voie de recherche.

Ce peintre italien métaphysique introduit dans le monde des apparences un mystère poétique. L’objet familier et banal devient énigmatique. Silence et ombres inquiétantes s’installent dans des espaces immobiles. Magritte qui reconnaît que jusqu’à présent, ni le cubisme et le futurisme, ni l’art abstrait ne lui ont permis de « rendre manifeste la réalité du monde », est bouleversé par cette œuvre.

Il la considère comme celle du « plus grand peintre de notre temps en ce sens qu’elle traite de l’ascendance de la poésie sur la peinture et les diverses manières de peindre ». Il dira aussi que Chirico fut le premier à « rêver de ce qui doit être peint et non de la façon dont il faut peindre ». 1926, est considéré comme sa première œuvre « surréaliste ». L’objet devient la clef de voûte de « l’architecture » magrittienne. Si cette œuvre est aujourd’hui réellement perdue, nous pouvons retrouver certaines de ses caractéristiques dans d’autres versions que Magritte a peintes à différentes époques. Durant cette période, Magritte peint des scènes à l’atmosphère inquiétante, voire macabre. Des paysages obscurs, des drapés rouges ou gris, des espaces clos servent de décors aux objets et personnages étranges qui les traversent.

Dans ces décors aux couleurs sombres, Magritte met en scène de façon théâtrale et inattendue, des objets familiers. Peintes avec une grande minutie, les nombreuses œuvres de cette époque nous plongent dans un univers à la fois mystérieux et envoûtant. Par l’image poétique surgissante, Magritte fait de ses tableaux « des pensées visibles ». 1927, René et Georgette Magritte s’installent en France, près de Paris. Quand il s’arrête, c’est pour assister à des réunions du groupe surréaliste auquel il est intégré en 1928, rencontrer d’autres artistes et partager ses idées. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Miró, Arp et plus tard, Dalí. Durant cette période, Magritte peint plus de cent toiles et produit beaucoup d’œuvres nouvelles : papiers collés et peintures-mots dont le premier essai date d’octobre 1927.

Malgré les liens amicaux avec, entre autres, les Goemans ou encore Paul et Gala Eluard, les Magritte ne se plaisent pas en France. En juillet 1930, ils sont de retour à Bruxelles. Pendant quatre ans, René Magritte change radicalement de style. Lui qui, jusqu’à présent, nous proposait une peinture grave et plutôt sombre, va éclairer sa palette et alléger son trait.

Magritte réagit ainsi à l’oppressante tension engendrée par l’occupation durant la guerre. Il cherche le moyen de réaliser des tableaux où le « le beau côté de la vie » pourrait être exploité et estime ainsi pouvoir parvenir à renouveler l’air de sa peinture : « c’est un charme assez puissant qui remplace maintenant dans mes tableaux la poésie inquiétante que je m’étais évertué jadis d’atteindre. Inspiré par la technique des impressionnistes, dont il reprend la touche aérienne, vive et colorée, Magritte tente de contrer le pessimisme ambiant en proposant une poésie plus « ensoleillée ». Cette période, appelée « plein soleil », sera pourtant fortement contestée et peu appréciée par ses amis dont il ne reçoit pas les encouragements espérés. Malgré plusieurs tentatives, Magritte abandonne cette voie pour revenir à ses préoccupations antérieures.

En 1948, Magritte qui a déjà exposé à Londres et à New York, présente sa première exposition personnelle à Paris, à la galerie du Faubourg. Ce fut pour Magritte l’occasion rêvée de se venger des parisiens et de leur ville « qui ignore dignement ceux qui vivent hors de ses murailles »! Avec la complicité de son ami Scutenaire, qui écrira la préface du catalogue, il décide de « frapper un grand coup » et de scandaliser sans hypocrisie aucune ! Magritte s’inspire de caricatures, de bandes dessinées ou encore d’autres artistes et réalise en quelques semaines seulement, quinzes peintures et dix gouaches. Exposées aux cimaises de la galerie, ces œuvres exhibent leurs couleurs criardes et dégoulinantes, leurs coups de brosse rapides et nerveux, leurs sujets ironiques ou vulgaires.

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