Marc-Aurèle : L’empereur philosophe PDF

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Le bonheur est une question centrale en philosophie : on ne peut pas comprendre les démarches des grands philosophes marc-Aurèle : L’empereur philosophe PDF on ne saisit pas leur rapport au bonheur. Il y a cependant une autre fin que les hommes poursuivent : c’est le bien moral. Certains se battent pour la justice, se dévouent à de nobles causes, en sacrifiant éventuellement leur bonheur. L’homme se trouve donc en face de deux fins possibles pour son existence, le bien et le bonheur, qui ne coïncident pas toujours.


Marc Aurèle, qui a régné sur Rome de 161 à 180, est une figure originale de la dynastie des Antonins, à laquelle il appartenait par adoption. À douze ans à peine, tandis qu’il se prépare à son futur rôle d’empereur auprès de sa mère au palais, il revêt la cape traditionnelle des philosophes, au contraire de ses prédécesseurs qui déjà, à cet âge, apprenaient à commander des armées et à gouverner des provinces
Cela n’a pas empêché ce pacifiste, une fois au pouvoir, de mener deux grandes guerres : l’une, terrible, en Orient contre les Parthes, l’autre sur le Danube contre les barbares germaniques. Ces conflits, qui le maintinrent longtemps loin de Rome, entravèrent considérablement son œuvre de politique intérieure, mais pas ses réflexions récurrentes et son observation des êtres humains et des situations auxquelles ils se trouvent confrontés. Ses Pensées en témoignent, étonnamment actuelles, dont Roger Caratini, après un portrait tout en nuances de l’empereur hors du commun, nous évoque les grandes lignes

Dire que le bonheur est la fin ultime des hommes ne suffit pourtant pas à le définir. Il faut encore en saisir l’essence. Le bonheur est un état de satisfaction, et même de satisfaction durable. En effet, un plaisir, une joie, un bonheur ne font pas encore le bonheur. Le plaisir et la joie proviennent de la satisfaction de nos désirs, mais il faut que tous nos désirs soient satisfaits pour parvenir au bonheur. En effet, si un désir demeure inassouvi, il nous fait souffrir et ruine notre bonheur.

Mais curieusement, si tous les hommes courent après le bonheur, presqu’aucun ne prend le temps de réfléchir à ce qu’il est véritablement, et au moyen de le conquérir. Le philosophe est précisément celui qui se pose ces questions, qui pense qu’il a besoin d’une stratégie pour conquérir le bonheur, d’une nouvelle manière de mener sa vie, ce qui s’appelle originairement une sagesse. Parmi les premiers penseurs à avoir proposé une sagesse se trouvent les sophistes. Nous connaissons surtout certains d’entre eux, tels Gorgias ou Protagoras, parce que Platon les a transformés en personnages de ses dialogues. Pour être heureux, affirment-ils, il faut pouvoir satisfaire tous ses désirs. Ce qui implique d’avoir un maximuml de richesse et de pouvoir. Selon la doctrine sophiste, telle que nous la rapporte Platon, aucune science, aucun talent particulier ne sont nécessaires, si ce n’est de savoir parler : l’art rhétorique.

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