Les Voleurs de sexe. Anthropologie d’une rumeur africaine PDF

Les Voleurs de sexe. Anthropologie d’une rumeur africaine PDF

La sorcellerie désigne souvent la pratique d’une certaine forme de magie, les Voleurs de sexe. Anthropologie d’une rumeur africaine PDF laquelle le sorcier ou la sorcière travaille avec les énergies globales, que ce soit celles des plantes, des cycles lunaires, des saisons ou même des entités. La sorcellerie est un terme controversé et son histoire est complexe.


C’est en mars 2001 au Gabon que Julien Bonhomme entend pour la première fois parler des « voleurs de sexe ». Des individus sont accusés d’avoir fait disparaître les organes génitaux d’inconnus dans la rue, à l’occasion d’une banale poignée de mains. Les incidents se multiplient et plusieurs voleurs présumés sont lynchés. Il ne s’agit pas d’un cas isolé : les vols de sexe ont déjà touché à différentes reprises une vingtaine de pays d’Afrique subsaharienne depuis les années 1970. Comment rendre compte d’un tel phénomène, inédit par son ampleur spatiale et temporelle, sans tomber dans le cliché d’une Afrique perçue sous l’angle de l’altérité exotique ?
Critiquant la conception péjorative qui surdétermine le regard savant sur les rumeurs, l’auteur de ce livre n’envisage pas le vol de sexe en termes de pathologie ou de superstition, mais s’attache à mettre au jour les facteurs qui expliquent le succès culturel de cette rumeur singulière sur une si vaste échelle. Il articule vue d’ensemble et vue de détail afin de rendre compte tant de la diffusion internationale de la rumeur que des situations d’interaction au sein desquelles surviennent les accusations. Plutôt qu’une anecdote prêtant à rire, le vol de sexe ne serait-il pas une affaire exemplaire permettant de comprendre l’Afrique urbaine contemporaine, les formes de sociabilité et les modes de communication qu’elle suppose ?

Julien Bonhomme est anthropologue. Maître de conférences à l’université Lumière Lyon 2, il est actuellement directeur adjoint du Département de la recherche et de l’enseignement au musée du quai Branly.

Selon le contexte et le milieu culturel dans lequel ce mot est employé, il désigne des idées différentes, voire opposées. Ce terme est également employé de façon péjorative en référence à la pratique de la magie. La sorcellerie est alors, dans cette acception, l’accusation portée à l’encontre de ceux qui utilisent des moyens surnaturels pour un usage réprouvé par une majorité de la société. Les croyances en ce type de praticiens de la magie se sont rencontrées dans la plupart des sociétés humaines.

Des accusations de sorcellerie ont alors été fréquemment combinées à d’autres charges d’hérésie contre des groupes tels que les Cathares et les Vaudois. Les Trois Sorciers, par Johann Heinrich Füssli, Suisse. La sorcellerie désigne tout ce qui est considéré comme surnaturel sans appartenir à la religion officielle ou tout ce qui est relatif au mal dans ces mêmes religions. Volant dans les airs à califourchon sur son manche à balai, ainsi est représentée la sorcière dans l’iconographie populaire occidentale. Antithèse de la fée, elle a les mêmes fonctions que le sorcier, tant en anthropologie que dans les contes et légendes.

Le terme sorcellerie est communément appliqué aux pratiques visant à influencer les énergies d’une personne, d’un lieu, d’un objet, etc. Certains, comme les néo-païens, considèrent la nature maléfique de la sorcellerie comme étant une projection chrétienne. Cependant, le concept de « praticien de la magie » influençant le corps ou l’esprit d’autrui contre son gré était présent au sein de nombreuses cultures avant même l’introduction du monothéisme. Plusieurs pratiques magiques sont assimilées à la sorcellerie, de telle sorte que les personnes qui les utilisent ont été considérées comme des sorciers par les occidentaux, indépendamment de la culture dans laquelle ces pratiques sont en usage. La nécromancie, consistant à demander à l’âme d’un mort de révéler l’avenir, est également considérée comme une pratique typique de la sorcellerie. Les lutins, dans l’univers des contes, peuvent leur servir d’auxiliaires. Certaines pratiques considérées comme subversives ou abusives et parfois criminelles tombent sous le coup de la loi.

Lettre de rémission de juillet 1457 pour l’exécution faite à Marmande de plusieurs femmes accusées de sorcellerie. Il s’agit, pour le sorcier, d’exploiter des courants ou des entités psychiques et de les faire agir sur l’élément corporel. En tant que descendantes, très éloignées, d’anciennes sciences traditionnelles, les techniques de magie et de sorcellerie nécessitent une transmission directe de maître à élève sous peine de rester théoriques et incapables de fournir les effets recherchés. Panneau de signalisation du Chemin Michée-Chauderon à Genève. La caractérisation européenne de la sorcière ne provient pas d’une source unique. Certaines hypothèses suggèrent que les sorcières étaient simplement des femmes chaman qui ont été progressivement transformées en figures malveillantes par la propagande chrétienne. Dans les premiers temps du christianisme en Europe, la population, habituée à l’usage de la magie dans la vie quotidienne, attendait du clergé une forme supérieure de magie par rapport à l’ancienne magie païenne.

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