Le Dieu fou: Essai sur les origines de Śiva et de Dionysos PDF

Le Dieu fou: Essai sur les origines de Śiva et de Dionysos PDF

Si ce bandeau n’est plus pertinent, le Dieu fou: Essai sur les origines de Śiva et de Dionysos PDF-le. Shiva est souvent vénéré sous la forme abstraite de Shiva linga. Il est aussi représenté plongé dans une profonde méditation, ou bien dansant le tandava sous la forme Nataraja.


Ce livre revient sur une comparaison entre deux grands dieux, l’un, grec, Dionysos, l’autre, indien, Śiva. En tenant compte des travaux antérieurs et en apportant un nouveau matériel, l’auteur montre que ces deux figures remontent à une seule et même, celle d’un dieu auquel sont attribués tous les excès (débauche, consommation d’alcools ou de drogues, etc.). Ce dieu lié au monde des morts entraîne ses fidèles et adorateurs au-delà des limites communément admises par la société. Dionysos et Śiva possèdent un grand nombre de mythes en commun, et globalement ce qui est dit en Grèce ancienne de Dionysos était dit de Śiva en Inde ancienne et médiévale.
La recherche comparative révèle que d’autres figures divines chez les Germains, les Baltes, les Anatoliens, les Thraces, les Phrygiens, les Celtes se rattachent à Dionysos et Śiva. Cela confirme que Śiva et Dionysos représentent un héritage religieux indo-européen. Inde et Grèce se caractérisent, par rapport aux autres nations de langue indo-européenne, par l’extrême richesse du matériel qu’elles offrent.
C’est donc tout un pan de l’idéologie indo-européenne qui se distingue et se met ici en exergue.

Shiva, le dieu des shivaïtes assume les fonctions de Rudra le terrible, ancien dieu védique. En effet, le théonyme Shiva provient d’une épithète de Rudra, l’adjectif shiva  gentil, aimable  utilisé par euphémisme pour ce dieu qui, dans le Rig-Véda porte également l’épithète ghora  terrible . Le symbolisme de Shiva est d’une grande complexité du fait des nombreux courants qui l’ont vénéré au cours des siècles. Il représente la destruction, mais celle-ci a pour but la création d’un monde nouveau : Shiva transforme, et conduit la manifestation à travers le  courant des formes . Il a les yeux mi-clos, car il les ouvre lors de la création du monde et les ferme pour mettre fin à l’univers et amorcer un nouveau cycle.

Shiva est marié à Shakti, la déesse-mère. En sanskrit, Kundalini signifie  celle qui est entourée sur elle-même , d’où le symbole du serpent. Comme ascète, mais aussi comme seigneur des lieux de crémation, il se couvre le corps de cendre. D’après la légende, Shiva et Vishnou se rendirent dans une forêt pour combattre 10 000 hérétiques.

Furieux, ceux-ci envoyèrent pour attaquer Shiva un tigre, un serpent et un nain noir et féroce armé d’une massue. Shiva est parfois représenté mêlé avec sa Shakti formant un être hermaphrodite, Ardhanari. Shiva en Tamoul, représenté deux fois séparées par un symbole shivaïte. Lingams et yonis sur les ghâts à Varanasi. Par l’union du linga et du yoni, l’Absolu qui se déploie dans le monde prouve qu’il surmonte l’antagonisme mâle-femelle ou spirituel-matériel. Le linga représente également le cosmos, mais aussi le pouvoir de connaître, la conscience comme axe de la réalité.

Non plus orienté vers la finalité naturelle de force de vie et d’incarnation, le phallus dressé vers le ciel représente le rassemblement des énergies du yogi sur le plan sensible et leur conversion vers un niveau subtil. Dans le shivaïsme brahmanique, les caractères phalliques fondamentaux du linga se retrouvent toujours nettement, tant dans les légendes expliquant l’origine de ce culte que dans les qualités corporelles occasionnellement attribuées au dieu. Linga Purana, lorsque l’univers était envahi par les eaux, Vishnou et Brahmâ se disputaient, affirmant chacun qu’il était le plus grand des dieux. Mais tout à coup, surgit une immense colonne de feu entre les eaux. Elle était si haute qu’elle semblait sans fin. Une autre légende raconte que Shiva apparut nu devant un groupe d’ascètes qui méditaient dans la forêt sans comprendre sa vraie grandeur. Pour les punir, Shiva décida de séduire leurs femmes.

Pour se venger, les ascètes émasculèrent Shiva en invoquant un tigre, mais à l’instant où son lingam tombe à terre, l’univers fut plongé dans les ténèbres. Les yogi, enfin conscients de leur erreur, prièrent Shiva de restaurer la lumière dans le monde. Ainsi, le lingam est une représentation religieuse tout à fait commune en Inde, sans que le caractère sexuel soit minimisé ou occulté. Pierres, galets ou fourmilières constituent les lieux d’érection de lingams  spontanés . Amarnath, une formation de glace naturelle. Il ne faut pas oublier que la danse est, pour un hindou, le plus beau moyen de plaire à son dieu.

Le pied droit prend un appui fort en écrasant le démon de l’ignorance ou des passions, le pied gauche est levé en une posture de danse. Sa tête est encadrée par les flots du Gange dont son chignon a calmé l’impétuosité et qui coule maintenant sans danger dans le monde. Cette danse continue engendre la succession des jours et des nuits, le cycle des saisons et celui de la naissance et de la mort. Shiva Nataraja est une forme typique originaire du Sud de l’Inde, c’est la divinité tutélaire du temple de Chidambaram où sont sculptées dans la pierre les postures du Bharata Natyam, la danse classique sacrée de l’Inde méridionale. Depuis le début de l’ère chrétienne au moins, sinon plus tôt, la plupart des hindous lettrés sont des adorateurs, soit de Vishnou, soit de Shiva — c’est-à-dire qu’ils considèrent soit Vishnou, soit Shiva, comme le premier des dieux, voire comme dieu unique identifié au brahman indifférencié, tous les autres ne représentant à leurs yeux qu’une expression secondaire de la divinité. Ainsi, les fidèles de Vishnou ne nient pas l’existence de Shiva, mais le placent sur un plan annexe, le considérant comme une création ou une émanation de Vishnou ou de son démiurge Brahmâ.

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