La Tchétchène – un peuple sacrifié PDF

La Tchétchène – un peuple sacrifié PDF

Carte de la Tchétchénie et des la Tchétchène – un peuple sacrifié PDF régions du Caucase. Flag of Chechen Republic before 2004.


Que sait-on de cette petite république caucasienne, de ce peuple encore une fois sacrifié sur l’autel des priorités stratégiques et des ambitions politiques des uns et des autres ? Que sait-on même des réalités, pour ceux qui la vivent, d’une guerre où tout est fait pour tenter d’empêcher les journalistes de trop s’attarder ? Cet ouvrage raconte cela avec un luxe de détails qui est le fruit d’une connaissance approfondie de la situation, grâce à d’innombrables reportages et des centaines d’heures d’interviews. Ce livre est donc à la fois un témoignage – unique en France sur ce sujet – et une clé pour comprendre l’actualité.

Flag of Chechen Republic of Ichkeria. Tchétchénie dans la fédération de Russie. Combattants tchétchènes priant à l’extérieur du palais présidentiel de Grozny pendant le premier conflit tchétchène en décembre 1994. Le premier conflit qui embrasa la petite république de Tchétchénie, située dans le Caucase du Nord russe, s’acheva en août 1996. BTR-80 russe mis hors de combat après une embuscade en mars 2000. Finalement, après une stratégie de bombardements intensifs et d’envoi de petits groupes d’infanteries spécialisés en combat urbain précédant les blindés, Grozny tomba après un siège qui dura du 25 décembre 1999 au 6 février 2000. Le bombardement de Katyr-Yurt, qui atteint une certaine notoriété en raison de la condamnation ultérieure de la Russie par la Cour européenne des droits de l’homme, eut lieu dans ce contexte, le 4 février 2000.

Vladimir Poutine rétablit l’autorité de Moscou dans la totalité du territoire de la république, mais la guérilla séparatiste continua jusqu’en 2006, voire plus tard, principalement dans les montagnes. Nous ne nous emparons pas de nos villes, nous les libérons , rappela dans la foulée le ministre de la Défense, Igor Sergueïev. Vladimir Poutine dit ne pas avoir été au courant de l’attaque contre l’aéroport mais ajouta :  Les bandits seront pourchassés partout où ils se trouvent. On poursuivra les terroristes partout, dans les aéroports s’ils sont dans les aéroports et, excusez-moi, mais, s’il le faut, on les attrapera dans les toilettes, on les butera jusque dans les chiottes. En 2002, lors du sommet UE-Russie, Poutine répondit avec la même fermeté à un journaliste français qui l’avaient interpellé sur l’usage des mines antipersonnel en Tchétchénie, lesquelles tuaient, d’après lui,  beaucoup plus de civils que de terroristes  :  Si vous êtes prêt à devenir le plus radical des islamistes, et que vous êtes prêt à vous faire circoncire, je vous invite à Moscou.

La rhétorique de l’establishment militaire n’était pas moins vigoureuse que celle de Poutine. Les statistiques officielles russes recensaient 4 280 morts et 12 368 blessés parmi les militaires fédérales. Vladimir Poutine affirma que l’armée russe avait tué plus de 13 000 combattants tchétchènes. Selon les organisations non-gouvernementales, le nombre de civils qui périrent pendant les deux guerres est estimé entre 100 000 et 300 000.

Le chiffre de 150 000 morts semble faire l’unanimité. Le Comité des mères de soldats de Russie avança le chiffre de 12 000 morts du côté des forces armées russes, en se fondant sur les données recueillies dans les comités régionaux, en prenant en compte les soldats blessés au combat et morts des suites de leurs blessures. La communauté internationale, et en particulier le Conseil de l’Europe, demandèrent de manière timide une solution pacifique. Comme lors de la précédente campagne russo-tchétchène, les chancelleries occidentales firent l’objet de critiques de la part d’observateurs indépendants. Aslan Maskhadov, chef du mouvement séparatiste tchétchène et président de la république tchétchène d’Itchkérie, tué le 8 mars 2005. Immédiatement après la fin des opérations militaires majeures, le président Poutine réaffirma les bases de la nouvelle politique de Moscou en Tchétchénie : transfert du maintien de l’ordre à la milice locale, élection d’un président et d’un parlement au suffrage universel, traité de délimitation des pouvoirs entre la fédération de Russie et la république de Tchétchénie et reconstruction. En 2005, plus de 200 combattants indépendantistes furent désarmés, selon le chef du FSB, Nikolaï Patrouchev.

La mort d’Aslan Maskhadov le 8 mars 2005 porta un coup dur à la logistique des rebelles. Les attaques contre les forces fédérales prennent de plus en plus un caractère sporadique et moins coordonné. Après la mort d’Abdoul-Khalim Saïdoullaïev, Dokou Oumarov devint le chef du mouvement séparatiste. La Ciscaucasie demeure, en 2012, la zone des conflits armés les plus meurtriers d’Europe. En 2001, une jeune tchétchène, Aïzan Gazoueva, devint une figure mythique pour le mouvement séparatiste. Alors qu’elle n’avait que 18 ans, cette jeune mariée se fit exploser auprès du général Gueïdar Gadjiev et de ses hommes.

La capitale russe fut le théâtre de 25 attentats terroristes, constate Kavkazski Ouzel, un site de défense des droits de l’homme consacré au Caucase. Dix d’entre eux furent l’œuvre de kamikazes. Huit se produisirent dans le métro. En tout, 592 personnes périrent et 824 furent blessées.

2000 comme la  guerre civile  de Russie. Les Russes de Gorbatchev à Poutine, Paris : Armand Colin, 2005, p. Фактически в научном обороте не устоялось даже серьезное название этого события. Чеченцы считают, что это русско-чеченская война, и далеко не первая. Но мы в « Мемориале » и многие в России называют ее Первой чеченской войной.

Eric Hoesli, À la conquête du Caucase. En décembre 1994, le pouvoir central lance une offensive contre Groznyï. C’est le début de ce que l’on appelle curieusement « la première guerre de Tchétchénie », comme s’il n’y en avait pas eu auparavant. Член Совета Федерации Рамазан Абдулатипов раскритиковал сам термин « чеченская война », как бы приписывающий авторство этой войны чеченскому народу.

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