L’adolescence entre les pages : Psychanalystes sous influence littéraire PDF

L’adolescence entre les pages : Psychanalystes sous influence littéraire PDF

Le rêve de l’eunuque par Jean-L’adolescence entre les pages : Psychanalystes sous influence littéraire PDF-Antoine Lecomte du Nouÿ. Le rêve est une disposition de l’esprit généralement nocturne, survenant au cours du sommeil, et qui procure à l’individu éveillé des souvenirs nommés eux aussi rêves.


L’adolescence est une  » fièvre du temps dans la vie « , un  » corps et âme  » d’une extraordinaire intensité, une  » folie sauvage  » qui à d’autres heures critiques de l’existence peut se réveiller, pour le meilleur comme pour le pire. Pour appréhender l’adolescence, le thérapeute s’appuie naturellement sur l’expérience clinique. Pour autant d’autres approches peuvent se révéler utiles et la figure littéraire est souvent plus parlante que la vignette clinique. La première fait signe, là où la seconde ne prouve rien. Les contributeurs de cet ouvrage ont convié quelques grands auteurs (Rimbaud, Colette, Baudelaire, Camus, McCullers, Wilde, Garcia Marquez…) qui les ont accompagnés leur jeunesse durant et sous la plume desquels sont nées d’inoubliables  » figures  » adolescentes. Autant de personnages – pourtant fictifs – qui disent, avec la justesse du réel, l’haletante et frémissante métamorphose de l’adolescence. Au carrefour entre psychanalyse et littérature, cet ouvrage permet d’éclairer
sous un jour différent l’expérience clinique et de faire émerger les liens si manifestes entre ces deux domaines.

Au cours de l’histoire et des civilisations, le rêve a été un moyen de s’affranchir du temps et de l’espace ordinaire, pour accéder au surnaturel, aux ancêtres, au divin, ou encore comme un moyen de guérison, de connaissance et de révélation. L’approche rationnelle et scientifique en fait un processus ancré dans le corps et lié à l’activité cérébrale au cours du sommeil. Dans les arts et la littérature, le rêve représente la  vie rêvée  au sens de projet chimérique ou de représentation d’un autre possible. Commun à de nombreuses espèces animales, il est également perceptible par ses manifestations externes. Ainsi, lorsque l’on parle de rêve il s’agit souvent du souvenir du rêve dont il est question. Le contenu des mythes est fréquemment associé aux rêves. Dans l’orphisme et l’école de Pythagore on enseigne que la communication avec le Ciel s’effectue uniquement pendant le sommeil, moment où l’âme s’éveille.

Des doctrines analogues se retrouvent chez des auteurs juifs et arabes du Moyen Âge. Ibn Khaldoun évoque la pratique ritualisée des rêves mantiques chez les peuples musulmans . Jacob s’endort dans une  maison de Dieu  pour communiquer avec lui. Le jeune Thoutmôsis IV s’endort entre les pattes du Sphinx de Gizeh où il reçoit en rêve, la promesse de succéder à son père. Dans la mythologie grecque, les songes ont leurs propres divinités, les Oneiroi, la plus connue est Morphée.

Dans les sociétés pratiquant le culte des ancêtres le rite d’incubation pouvait se pratiquer sur le tombe de l’ancêtre décédé, par exemple dans les sociétés pré-islamiques du Proche-Orient. Le rêve est également important dans les pratiques chamaniques. Par exemple, une croyance répandue chez les peuples sibériens est que l’homme porterait en lui une sorte de double, une âme-esprit qui habite et anime le corps. Ainsi, en guise d’exemple supplémentaire, chez les Khantys et les Mansis, on dessine un tétras sur les berceaux des nourrissons, afin que l’âme de celui-ci ne s’en aille pas trop loin.

Dans les sociétés chamaniques, certains types de rêves apportent de la chance au chasseur. Les chamans sibériens voient aussi en rêve l’élan ou le renne dont la peau va lui servir à confectionner son tambour. Le rêve lui permet de savoir où le trouver et comment le reconnaître. Il ne lui restera plus qu’à faire part de ces renseignements au chasseur pour que celui-ci aille le tuer.

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