Dans la comete / et autres recits du cosmos PDF

Dans la comete / et autres recits du cosmos PDF

Faut-il dans la comete / et autres recits du cosmos PDF l’effondrement au sérieux ? Image : La table périodique des éléments selon leur abondance. L’insoluble équation des ressources C’est ce qu’explique l’ingénieur Philippe Bihouix, spécialiste de la finitude des ressources, dans son livre, L’âge des low tech.


Ressource après ressource, dans son livre, Bihouix égraine l’état de décomposition des stocks. Après avoir exploité les ressources les plus concentrées, nous sommes amenés à exploiter des ressources de moins en moins concentrées et donc de plus en plus difficiles à extraire et qui nécessitent de plus en plus d’énergie pour être transformées. Le problème est que nous avons  commencé à taper dans le stock qui était le plus facilement exploitable, le plus riche, le plus concentré . Pour continuer à trouver des ressources, il faudra demain creuser plus profond, extraire un minerai de moindre qualité, et surtout dépenser plus d’énergie par tonne de métal produite. L’extraction n’est limitée que par le prix que nous serons capables de payer pour obtenir tel ou tel minerai.

Vidéo : Arte proposait récemment un excellent reportage sur la disparition du sable qui illustre parfaitement, par l’exemple, les enjeux de la raréfaction des ressources, sur une matière première qui, quand on l’observe depuis n’importe quelle plage du monde, semble pourtant inépuisable. Le mythe de la croissance verte Pour Philippe Bihouix, cette conjonction change la donne. Pour cela, il faudrait que nous changions notre façon de produire et consommer ces ressources. Or, nous utilisons de plus en plus ces minerais et ressources dans des usages dispersifs qui rendent leur recyclage impossible. Monter les taux de recyclage est donc une affaire très compliquée, qui ne se limite pas à la faculté de collecter les produits en fin de vie et de les intégrer dans une chaîne de traitement.

Dans de nombreux cas, il serait nécessaire de revoir en profondeur la conception même des objets, tant pour les composants utilisés que pour les matières premières même. Les technologies que nous espérons salvatrices ne font qu’ajouter à ces difficultés. Car les nouvelles technologies vertes sont généralement basées sur des nouvelles technologies, des métaux moins répandus et contribuent à la complexité des produits, donc à la difficulté du recyclage , explique le spécialiste en prenant plusieurs exemples. Et l’ingénieur d’enterrer sous les chiffres la généralisation des énergies renouvelables à grande échelle. Comme il le dit dans son article :  Il n’y a pas de loi de Moore dans le monde physique de l’énergie . Et encore, l’ingénieur n’évoque pas l’effet rebond et le paradoxe de Jevons qui nous conduisent à l’emballement des besoins.

Certains voient dans les énergies renouvelables une possibilité de relocalisation, de maîtrise par les territoires de la production énergétique. Pour lui, la disparition à terme des ressources doit surtout nous poser une question sur le sens de la plupart de nos innovations et de nos comportements. Nous sommes dans une impasse extractiviste, productiviste et consumériste. Nous sommes dans ce que le théoricien des sciences sociales, Roberto Unger appelle  la dictature de l’absence d’alternatives . La planète n’a pas de plan B Pour Philippe Bihouix, il n’y a pas de plan B.

Comme il le dit dans son article. Nous devrons décroître, en valeur absolue, la quantité d’énergie et de matières consommées. Pour lui, il nous faut changer le moteur même de l’innovation. Utiliser des matériaux renouvelables et recyclables. Eviter les alliages, concevoir des objets modulaires, réparables. Il faut innover dans le  faire moins  et le  faire durable .

Il nous faut une innovation qui ait une finalité différente de celle d’aujourd’hui. Pour lui, il faut démachiniser les services. Infographie : Date d’épuisement des minerais et ressources de notre planète au rythme actuel de notre consommation et des ressources connues. Dans son livre, Philippe Bihouix demeure confus dans les solutions qu’il propose, comme s’il restait démuni face à l’accablant constat qu’il dresse, comme si aucune n’était capable de faire la différence et que c’est seulement leur conjonction qui nous permettra de résister à ce que nous avons enclenché. L’effondrement Notre avenir hésite donc entre une lente submersion et un effondrement. L’effondrement, c’est pourtant la piste qu’explorent Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans un autre livre de la collection anthropocène du Seuil, qui sonne comme une suite ou un prolongement au titre de Bihouix.

Le mythe de l’apocalypse a toujours été une réponse à celui du progrès, rappellent-ils. Le cornucopien, celui qui vit dans le mythe de la corne d’abondance pour qui l’avenir est un progrès illimité où l’humain continuera à maîtriser son environnement grâce à sa puissance technique et à son inventivité. Pour les malthusiens, au contraire, cette puissance et cette inventivité ont des limites . Nous sommes en train de passer de l’un à l’autre.

Eux aussi dévident le long écheveau des constats accablants. La crise des minerais et de l’énergie s’apprête à entraîner toutes les autres. Servigne et Stevens suivent en cela les constats alarmistes du physicien Dennis Meadows, l’auteur du rapport initial sur les limites de la croissance en 1972. Il est trop tard pour le développement durable, il faut se préparer aux chocs et construire dans l’urgence des petits systèmes résilients . Pour eux, l’effondrement n’est pas tant une transformation brutale, un retour à la barbarie, qu’ une situation inextricable, irréversible et complexe, pour laquelle il n’y a pas de solutions, mais juste des mesures à prendre pour s’y adapter . Comme face à une maladie incurable, il n’y a pas de solutions, mais des choses à faire. Pour eux, la décroissance volontariste n’est plus d’actualité.

Si la littérature écologique a toujours été anxiogène, autant dire que l’avenir qu’ils dessinent est totalement déprimant puisqu’il est sans échappatoire aucun. L’imaginaire post-apocalyptique de Mad Max se dispute à celui de Walking dead, sans nous permettre d’entrevoir si l’un des deux serait mieux que l’autre. Image : le cinéma et la SF ne cessent de nous renvoyer l’image de notre propre apocalypse. Pourtant, c’est certainement en dressant le constat de l’apocalypse qui approche que les auteurs esquissent leurs perspectives les plus stimulantes. En s’intéressant à ce qu’ils appellent la collapsologie, c’est-à-dire à l’étude transdisciplinaire des conséquences de l’effondrement, ils nous invitent à travailler à trouver des réponses à l’avenir qui nous attend. Non pas des solutions pour modifier notre fatal avenir, mais pour y faire face. Face à une perspective où l’homme deviendrait un loup pour l’homme, ils rappellent qu’au contraire, lors de catastrophes, la plupart des humaines montrent des comportements altruistes, calmes et posés.

L’image de la violence sociale issue des catastrophes ne correspond pas à la réalité . Les comportements de compétition et d’agressivité sont mis de côté. Face au choc nous nous révélons peu enclins à la violence. Se préparer à une catastrophe signifie donc d’abord tisser du lien autour de soi . Et les auteurs de nous inviter à nous pencher sur la compréhension de la résilience des communautés, ce champ de recherche le plus important de la collapsologie. L’individualisme est un luxe que seule une société richissime en énergie peut se payer . Passé le déni, Servigne et Stevens prônent la relocalisation, la construction de petits systèmes résilients survivalistes comme perspective.

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