Critique de la pensée sacrificielle PDF

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Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. Habituellement, il est surtout utilisé pour les sacrifices sanglants. Dans le cas d’offrandes de nourriture ou de liquide, on parle de sacrifice non sanglant ou libation, et, dans le cas d’une portion du sol, critique de la pensée sacrificielle PDF’inauguration. Dans de nombreuses sociétés, comme celles de Grèce, les animaux jouent un rôle d’intercesseur avec les divinités, par le biais du sacrifice.


Réfléchir sur la barbarie des temps modernes et la comparer à la barbarie des temps anciens, en tant que l’une et l’autre ont à voir avec le sacré, telle est l’ambition première de cet ouvrage. Il s’agit de saisir l’implication des processus sacrificiels dans les violences politiques (et domestiques) majeures de notre temps. L’auteur met en parallèle les modalités des grands crimes politiques contemporains et la spécificité religieuse du sacrifice. Au mépris des interdits anthropologiques, il entend mettre en rapport la violence déchaînée et intrinsèquement destructrice des massacres de notre histoire avec cette autre violence – contrôlée, canalisée, domestiquée, ritualisée – qui préside, au sein du religieux, aux cérémonies sacrificielles.
Pour élaborer une critique de la pensée sacrificielle, il ne suffit pas d’analyser des rites qui comportent la destruction d’un être vivant, encore faut-il que cette analyse participe, d’une manière ou d’une autre, au démantèlement du processus. La meilleure façon de comprendre ce qu’est une cérémonie de sang, c’est de chercher à l’interrompre.
Il ne s’agit pas pour autant d’une attitude de moderniste sans mémoire. L’interruption de la destruction est au cœur de l’histoire des rituels. Les procédés de substitution symbolique remplacer un être humain, adulte ou enfant, par un animal, puis par un végétal – montrent que la critique de la violence du sacrifice est aussi traditionnelle que le sacrifice lui-même.

Dans la Manusmṛti :  Tuer dans le sacrifice n’est pas tuer. Les plantes, bêtes domestiques, les arbres, les quadrupèdes et les oiseaux qui meurent pour le sacrifice accèdent à une vie supérieure par la suite. Relief du théâtre antique de Sabratha en Libye. L’empereur Marc Aurèle préside à un sacrifice. Sacrifice pour le triomphe de Tibère. Le victimaire frappe la victime à la tête avec la « sacena » ou hache pontificale, tandis qu’un aide agenouillé tient une secespita avec laquelle, après l’abattage, il va ouvrir la victime pour en extraire les « exta » destinés à être examinés par les haruspices, puis la dépecer pour en distribuer les chairs.

La tradition de l’abattage rituel romain d’un coup sur la tête avec la hache pontificale, sans souffrances animales de mauvais augure, est restée en usage traditionnel dans les abattoirs en Europe occidentale. Un boucher abat un bœuf au moyen d’un instrument ressemblant à la sacena, gravure du XVIe siècle. Iphigénie en Aulide, Iphigénie et Bacchantes. Le théâtre grec antique témoigne de l’importance du sacrifice dans la vie de la cité. Tite Live raconte le cas d’un sacrifice monstrueux fait par les Samnites à l’époque de la guerre contre les Samnites vers 298 a. L’animal, pour éviter l’impiété et les mauvais présages, devait être abattu d’un seul coup sans gémissements et sans souffrances impies, sinon il était considéré comme de mauvais augure et sa chaire ne pouvait être consommée. Son corps préalablement inspecté et sa gorge devaient rester intacts.

L’animal devait avancer tranquillement, sans résistance et sans violence vers l’autel. Abraham, marque l’abandon des sacrifices humains par la civilisation naissante. Les sacrifices rituels d’animaux prescrits au peuple d’Israël font l’objet de nombreux versets du Lévitique. Pour les chrétiens, Jésus-Christ s’est sacrifié lui-même pour sauver le genre humain, tel que cela est relaté dans plusieurs versets du Nouveau Testament.

Jésus renverse la façon de voir la scène du sacrifice et fait passer d’une victime active avec une foule passive à une victime passive avec une foule active. 13 : Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. Mais si vous saviez ce que signifient ces paroles : je veux miséricorde, et non pas sacrifice, vous n’auriez pas condamné ceux qui ne sont point coupables. 28 Lorsqu’il fut à l’autre bord, dans le pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent au-devant de lui. Ils étaient si furieux que personne n’osait passer par là.

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